
Dans l’usine Safran HAL Aircraft Engines,une coentreprise entre Safran Aircraft Engines (SAE) et Hindustan Aeronautics Limited (HAL),au parc aérospatial de Bangalore,en Inde,le 8 juillet 2022. MANJUNATH KIRAN / AFP Ils sont trois sur la piste de décollage,pour un contrat dont la portée est aussi géopolitique qu’industrielle. Le français Safran,l’américain GE Aerospace et le britannique Rolls-Royce se disputent un partenariat capital avec l’Inde pour la conception,le développement et la fabrication sur place d’un puissant moteur d’avion de chasse. Développer un tel réacteur nécessite une compétence de plusieurs décennies (matériaux,ratio poussée du réacteur-poids de l’aéronef…) que seuls détiennent les Etats-Unis,la France,le Royaume-Uni,la Russie et,désormais,la Chine.
Malgré de lourds investissements publics et privés,des efforts en matière de recherche et développement et des tests de prototypes déployés depuis le début des années 1990,l’Inde a échoué dans la mise au point de son modèle Kaveri,contrariant la volonté d’« autosuffisance » de son premier ministre,Narendra Modi. Or l’enjeu est considérable pour le sous-continent : codévelopper le moteur équipant son avion de cinquième génération,l’Advanced Medium Combat Aircraft,que l’armée de l’air veut mettre en service au milieu de la décennie 2030. Le temps presse d’autant plus que le grand voisin chinois a plus de dix ans d’avance,comme le prouve la première démonstration en vol,mi-novembre,de son avion de combat furtif J-35.
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