
Le drapeau chinois,le 2 juillet 2015. (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)
Y a-t-il un risque de fuite des cerveaux vers la Chine ? Le pays fait tout pour attirer les chercheurs occidentaux à coups de subventions et de facilités pour les inciter à venir s’installer et travailler. Des scientifiques américains,fuyant les Etats-Unis de Donald Trump,ont déjà franchi le pas,de même que des Russes ou encore des Britanniques.
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C’est également le cas de Nicolas Tricaud,un chercheur français de Montpellier,spécialiste des maladies des nerfs. Il a effectué une grande partie de ses recherches à l’Inserm Montpellier. Il a ensuite cofondé,avec Cathy Barret-Beaumard,une société,Nervosave Therapeutics,qui vise à transformer ses recherches en un traitement. C’est donc dans ce cadre-là qu’il a ouvert une filiale de sa société de Montpellier en Chine.
Lorsqu'il a expliqué aux autorités françaises ses projets d'installation en Chine,il a tout de suite été mis en garde. "Je suis entré en contact avec les services de l'ambassade,de Business France. Et effectivement,c'est la première chose qu'ils m'ont demandée. 'Est-ce que vous êtes sûr que vous faites attention à ce que votre propriété intellectuelle ne soit pas volée ?'",raconte-t-il.
"Je leur ai dit la première chose,c'est que la technologie française,c'est super,mais si je ne peux pas la vendre,elle va disparaître. Donc,moi,je viens en Chine,il y a un risque effectivement,mais je pense qu'il est contrôlable et qu'au moins on pourra valoriser ce qu'on fait en France",poursuit-il.
Des conditions qu'il n'aurait jamais trouvées en France pour développer ces traitements des maladies des nerfs. "On s'est aperçu que le développement des biotechnologies en Chine était très soutenu par le gouvernement chinois",détaille Nicolas Tricaud.
"Ils vont vous aider et on a trouvé un environnement très favorable."
Nicolas Tricaud,chercheur françaisà franceinfo
Une aide qui a été décisive dans son choix,d'autant que la Chine va aussi lui permettre de tester pour la première fois ses traitements sur des humains. En France,il n'avait pas pu dépasser le stade des essais sur animaux. "C'est un gros intérêt de la Chine,estime-t-il. Il y a quelques années,ils ont simplifié les développements cliniques. On va pouvoir passer sur les premiers patients dans un hôpital en Chine. On se demandait si on allait pouvoir réaliser un développement clinique."
"La Chine nous permet justement d'espérer pouvoir faire un développement à un coût raisonnable,on va dire,et qui nous permettra quand même d'avancer,de dire à de potentiels investisseurs que le produit est efficace et que ça vaut le coup d'aller plus loin ou pas",s'enthousiasme Nicolas Tricaud.
Le chercheur français explique avoir fait le nécessaire pour protéger la propriété de ses recherches effectuées à Montpellier. Il espère profiter de l'immense marché chinois pour vendre ses traitements ici,notamment pour les dizaines de milliers de joueurs chinois de jeux vidéo qui souffrent de douleurs neuropathiques aux mains à cause d'une pratique intensive de l'e-sport.
Le reportage de Sébastien Berriot avec Nicolas Tricaud,chercheur français installé en Chine
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